Veer Pratap Singh est chef d'escadron dans une unité de sauvetage en hélicoptère en Inde, lorsqu'il croise le chemin de Zaara Hayat Khan, jeune Pakistanaise venue seule en Inde disperser les cendres de sa nourrice.
Zaara (Preity Zinta) est un peu perdue, alors Veer décide de l'accompagner pour qu'il ne lui arrive rien. Veer et Zaara tombent irrémédiablement amoureux, de cet amour si fort qu'on donnerait sa vie pour l'autre, de cet amour absolu qui crée les légendes...et les tragédies.
Car Zaara a oublié de dire à Veer qu'elle est fiancée au Pakistan, que son père, richissime, noue avec ce mariage une alliance historique avec un autre clan qui doit lui assurer la victoire politique.
Elle retourne donc au Pakistan, et Veer à ses missions.
Ce n'est qu'une fois rentrée chez elle qu'elle réalise l'intensité de son amour pour Veer. Se confiant à sa servante et amie Shabbo (Divya Dutta), celle-ci appelle Veer au secours.
Militaire indien, Veer n'a pas le droit de fouler le sol Pakistanais, mais il vient, n'écoutant que son c½ur, retrouvant Zaara... pour de trop courts instants, avant de se retrouver dans cette prison.
Saamiya l'avocate arrivera-t-elle à faire éclater la vérité ? Malgré la décision de Veer de ne pas citer le nom de Zaara pour ne pas lui nuire 22 ans plus tard, alors qu'elle est probablement mère de famille dans une grande famille pakistanaise ... et malgré l'acharnement du grand avocat qui lui est opposé (Anupam Kher).
Yash Chopra, réalisateur de Veer Zaara, signe avec son fils Aditya (scénariste), une oeuvre exceptionnelle, une ode à l'amour et à la paix, dénonçant la vieille haine qui a engendré entre l'Inde et le Pakistan des milliers de morts et des centaines d'emprisonnements arbitraires depuis l'Indépendance, qui a détruit tant de vies alors que ces pays sont frères, que leurs peuples sont si semblables. D'ailleurs l'acteur Shah Rukh Khan, qui joue ici le personnage d'un Indien sikh, est musulman et originaire du Pakistan...
Au delà de l'histoire d'amour, c'est l'amour entre les peuples qui est chanté tout au long du film.
Les acteurs sont excellents, Shah Rukh Khan, Preity Zinta et Rani Mukherjee sont très émouvants, on peut également saluer la performance des acteurs, des maquilleurs et du monteur, qui font vivre et "cohabiter" à l'image, des personnages dans la fleur de leur jeunesse et dans un âge mur meurtri par les épreuves. Shah Rukh Khan est quasiment méconnaissable dans son rôle de prisonnier vieillissant.
Pour servir son message, Yash Johar a fait revivre la musique d'un grand compositeur des années d'or de Bollywood, Madan Mohan, dont le fils Sanjeev Kohli a retrouvé et retravaillé des bandes jusque-là inédites. Les chansons possèdent un charme indéniable et sont interprétées par de grandes voix : Lata Mangeshkar, Udit Narayan, Sonu Nigam.
La plupart d'entre elles sont de jolies ballades, célébrant l'amour de son pays et l'amour de l'autre . Notamment "Aisa des hai mera", "Do pal", "Tere Liye".
"Lodi" est une chorégraphie de groupe comme on en rêve, une fête populaire dans un village, une scène aux costumes colorés, au rythme enlevé, un moment de bonheur où l'on retrouve Amitabh Bachchan et Hema Malini dans une forme éblouissante.
"Aaya tere dar par" est un superbe ghazal, où il nous semble entendre battre les c½urs de Veer et de Zaara, contribuant à la dimension dramatique de deux scènes clés.
Sorti fin décembre 2004, Veer-Zaara est un immense succès en Inde et restera probablement un des films qui marquent pour toujours l'histoire de Bollywood. Il a été couronné par les Filmfare Awards 2004 : Meilleur film, Meilleur scénario et Meilleurs dialogues